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Réglementation

Réglementation incendie au Maroc : les repères essentiels

Le cadre marocain de la sécurité incendie repose sur un texte central et un ensemble de normes homologuées. En comprendre l'articulation évite de découvrir des exigences majeures à la fin du chantier.

Le texte de référence

Le décret n° 2-14-499 du 15 octobre 2014, publié au Bulletin Officiel n° 6344 du 5 mars 2015, fixe les règles générales de prévention des risques d'incendie et de panique dans les constructions. Il vise en particulier deux catégories de bâtiments soumises à des obligations renforcées :

Les normes marocaines applicables

Le décret est complété par des normes marocaines (NM) homologuées par l'IMANOR, qui précisent les exigences techniques applicables aux équipements. Le Maroc a notamment transposé la série NM ISO 7240 relative aux systèmes de détection et d'alarme incendie. Les normes NM 21.9.305 et NM 21.9.314 définissent des exigences spécifiques aux systèmes de détection.

En complément, les référentiels internationaux — NFPA américains et normes EN européennes — sont fréquemment mobilisés lorsque le programme sort du champ couvert par les textes nationaux, ou lorsqu'un investisseur international ou un assureur les impose contractuellement.

Le facteur assurance. Les compagnies d'assurance imposent régulièrement des niveaux de protection supérieurs au minimum réglementaire, en particulier sur les entrepôts et les sites industriels. Ces exigences doivent être connues avant le chiffrage : découvertes en phase de consultation, elles produisent un écart budgétaire brutal.

Les quatre familles de mesures

1. Mesures constructives

Comportement au feu des structures, degrés coupe-feu des parois et des portes, compartimentage en zones, traitement des traversées de réseaux. Ces mesures se conçoivent avec l'architecte et le bureau d'études structure, et sont pratiquement impossibles à reprendre après réalisation.

2. Évacuation

Nombre et largeur des dégagements, distances maximales à parcourir, sens d'ouverture des portes, encloisonnement et désenfumage des escaliers, éclairage de sécurité et balisage. Là encore, ces choix relèvent de la conception architecturale et non de l'équipement.

3. Détection et alarme

Choix des technologies de détection selon le risque, zonage de détection et de mise en sécurité, matrice de corrélation entre détection et asservissements, alimentations de sécurité, report d'alarme.

4. Extinction et désenfumage

RIA, sprinklers, colonnes sèches, extinction automatique à gaz pour les locaux sensibles ; désenfumage naturel ou mécanique, mise en surpression des escaliers, désenfumage des parkings couverts.

La matrice de mise en sécurité

C'est la pièce que l'on retrouve le plus souvent absente ou incomplète dans les dossiers. Elle formalise, ligne par ligne, ce qui se déclenche en cas de détection : arrêt de la ventilation de confort, démarrage du désenfumage, fermeture des clapets coupe-feu, déverrouillage du contrôle d'accès, mise en sécurité des ascenseurs, diffusion de l'alarme.

Son absence produit des dysfonctionnements typiques à la mise en service : issues de secours restant verrouillées, ventilation de confort continuant à alimenter le foyer en air, clapets non asservis. Ces défauts sont détectés lors des essais, c'est-à-dire au pire moment.

La commission de sécurité

Pour les ERP, la mise en exploitation est conditionnée au passage de la commission de sécurité. Une préparation sérieuse suppose : une notice de sécurité constituée dès la conception et tenue à jour, les procès-verbaux d'essais des équipements, les rapports des organismes de contrôle, et une installation réellement conforme aux plans remis — le décalage entre le dossier et l'exécution étant la cause d'observation la plus fréquente.

Ce qu'il faut retenir

Voir aussi notre page bureau d'études protection incendie.

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