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Réglementation

Accessibilité des bâtiments au Maroc : ce qu'impose la réglementation

Longtemps réduite à une déclaration d'intention, l'accessibilité dispose depuis 2017 et 2019 de prescriptions techniques chiffrées. Ce guide en donne les valeurs clés et met les arrêtés officiels en téléchargement libre.

Un cadre en trois étages

L'accessibilité au Maroc repose sur une loi ancienne et des textes d'application récents. La loi n° 10-03 relative aux accessibilités, promulguée par le dahir n° 1-03-58 du 12 mai 2003, pose le principe. Le décret n° 2-11-246 du 30 septembre 2011 en fixe l'application. Mais les prescriptions techniques chiffrées — celles qui permettent réellement de concevoir et de contrôler — ne sont arrivées que bien plus tard, avec deux arrêtés conjoints :

Cet écart de quinze ans entre le principe et les valeurs explique la grande hétérogénéité du bâti existant. Il explique aussi pourquoi de nombreux maîtres d'ouvrage et concepteurs travaillent encore avec des références étrangères faute de connaître les textes nationaux.

Champ d'application. Les conditions techniques de l'arrêté n° 3146.18 s'appliquent aux constructions ouvertes au public, à l'habitat collectif et aux bâtiments d'utilisation collective. L'habitat collectif est explicitement visé : l'accessibilité ne se limite pas aux ERP.

Les valeurs à connaître

L'arrêté n° 3146.18 organise les prescriptions en sept sections. Voici les valeurs les plus structurantes pour la conception.

Stationnement

Cheminements et pentes

Un cheminement accessible est horizontal et sans ressaut. Lorsqu'une dénivellation ne peut être évitée, un plan incliné de pente inférieure ou égale à 5 % est aménagé. Des pentes supérieures ne sont tolérées qu'exceptionnellement et sur des longueurs limitées — jusqu'à 8 % sur une courte distance.

Sur les cheminements longs, des aires de repos ou d'élargissement sont prévues à intervalles réguliers, l'arrêté mentionnant un élargissement de 1 500 mm tous les 25 m.

Rampes

Pour tout changement de niveau, une rampe accessible est obligatoire à défaut d'un dispositif mécanique conforme aux normes en vigueur. Largeur minimale : 1,20 m.

Escaliers

Les escaliers ouverts au public doivent répondre aux prescriptions que le bâtiment comporte ou non un ascenseur, un élévateur, un escalier mécanique ou un plan incliné mécanique. La largeur minimale de volée est de 1,20 m.

Ce point est régulièrement mal compris : la présence d'un ascenseur ne dispense pas de traiter les escaliers. L'ascenseur peut être indisponible, et il ne l'est jamais en cas d'évacuation incendie.

Ascenseurs

C'est le poste où l'accessibilité rejoint directement les lots techniques. L'ascenseur accessible doit :

Une contrainte de gaine, pas d'équipement. Une cabine de 1,10 × 1,40 m et une charge de 630 kg déterminent les dimensions de la gaine et la réservation en dalle. Ce n'est pas un choix d'équipement qu'on arbitre en phase d'exécution : c'est une donnée d'entrée de la conception structurelle.

Sanitaires

Les sanitaires accessibles doivent répondre aux caractéristiques des trois types de configuration — A, B et C — les plus couramment employés. Les hauteurs de plans de travail et d'appareils sont également encadrées.

Espace public

Le décret n° 2-11-246 fixe pour la voirie des exigences complémentaires : sol non meuble, revêtement lisse, absence d'obstacles pour les roues et les cannes, signalement des zones de danger par changement de couleur ou de texture, bords arrondis ou chanfreinés lorsqu'un obstacle est inévitable. Les trottoirs doivent avoir une largeur de 1,50 m à 2,00 m, et les traversées s'effectuer au moyen d'un abaissé de trottoir.

Ce que l'accessibilité impose aux lots techniques

L'accessibilité est souvent perçue comme un sujet d'architecte. Elle traverse pourtant plusieurs de nos lots.

L'erreur la plus coûteuse

Traiter l'accessibilité en fin de conception. Les dimensions d'une cabine d'ascenseur, la largeur d'un sas d'entrée, la pente d'une rampe extérieure ou l'emprise d'un sanitaire adapté engagent la structure, la trame et la surface utile. Reprendre ces éléments après l'arrêt des plans suppose de rouvrir le dossier d'urbanisme.

À l'inverse, intégrée dès l'esquisse, l'accessibilité coûte marginalement — et elle profite bien au-delà de son public cible : parents avec poussette, personnes âgées, livreurs, personnel de maintenance.

Ce qu'il faut retenir

Annexe — les textes en téléchargement

Le Volet 4 du recueil réunit les trois textes qui structurent l'accessibilité au Maroc : le décret d'application de la loi 10-03 et les deux arrêtés conjoints fixant les prescriptions techniques, l'un pour l'architecture, l'autre pour l'urbanisme.

Nature des documents. Il s'agit d'extraits du Recueil de la Réglementation Technique relative à la Construction — Tome 1 : Conception des bâtiments, édition 1, version 2020, publié par la Direction de la Qualité et des Affaires Techniques du Ministère de l'Aménagement du Territoire National, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville. Ils sont mis à disposition à titre documentaire. Avant tout usage contractuel, assurez-vous auprès des services compétents qu'aucune modification n'est intervenue depuis cette édition.

Volume total de l'annexe : environ 6.4 Mo.

Besoin d'une lecture appliquée à votre projet ? L'accessibilité touche directement plusieurs lots techniques : dimension et équipement des ascenseurs, hauteur des commandes électriques, sanitaires adaptés, éclairage des cheminements, signalisation sonore et visuelle. Nous intégrons ces exigences dans nos études techniques.

Questions fréquentes

Quels textes fixent les règles d'accessibilité au Maroc ?

La loi n° 10-03 relative aux accessibilités, promulguée par dahir du 12 mai 2003, et son décret d'application n° 2-11-246 du 30 septembre 2011. Les prescriptions techniques chiffrées figurent dans l'arrêté conjoint n° 2306-17 du 5 décembre 2017 pour l'urbanisme et l'arrêté conjoint n° 3146.18 du 28 février 2019 pour l'accessibilité architecturale.

L'accessibilité concerne-t-elle uniquement les établissements recevant du public ?

Non. L'arrêté n° 3146.18 vise les constructions ouvertes au public, l'habitat collectif et les bâtiments d'utilisation collective. Les immeubles de logements collectifs sont donc concernés.

Quelles sont les dimensions minimales d'un ascenseur accessible ?

La cabine doit mesurer au minimum 1,10 m de largeur et 1,40 m de longueur, supporter une charge d'au moins 630 kg et présenter une entrée dégagée d'au moins 0,90 m. Les commandes doivent intégrer l'écriture braille et un système de communication doit être prévu.

Quelle pente maximale pour un cheminement accessible ?

Le cheminement doit être horizontal et sans ressaut. Lorsqu'une dénivellation est inévitable, la pente du plan incliné doit rester inférieure ou égale à 5 %, des valeurs supérieures n'étant tolérées qu'exceptionnellement et sur de courtes longueurs.

Faut-il rendre les escaliers accessibles si le bâtiment dispose d'un ascenseur ?

Oui. L'arrêté précise que les escaliers ouverts au public doivent répondre aux prescriptions que le bâtiment comporte ou non un ascenseur, un élévateur ou un escalier mécanique.

Quelle largeur pour une place de stationnement accessible ?

3,30 m au minimum, comprenant une zone de stationnement d'au moins 2,40 m et une zone de transfert latérale, avec un revêtement stabilisé et horizontal et une signalisation horizontale ou verticale.

Les autres volets de la réglementation

Ce guide fait partie d'une série consacrée au recueil ministériel. Voir aussi :

L'accessibilité se conçoit, elle ne se rattrape pas

Ascenseurs, sanitaires adaptés, hauteur des commandes, signalisation : nos ingénieurs intègrent ces exigences dès la phase d'études.

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